la sacem ce qu il faut savoir

... fonctionnement de ce monde-là


Avant, j’avais une vague, très vague idée, du fonctionnement de ce monde-là, la sacem : ma connaissance se limitait aux émissions sur France-Inter et à la rencontre d’un auteur compositeur interprète, un membre de cette sacem, en 1992, à Arras.
« Petite vedette régionale », grâce à un 45 tours dans « une maison de disques », la trentaine, je lui avais envoyé une présentation POESIE, il m’avait invité. Nous avions passé l’après-midi à discuter puis quelques soirées au restaurant... je le croyais intéressé par ma poésie, je pensais même qu’il se l’approprierait pour « un prochain album »... mais il ne tarda pas à déclarer ses véritables intentions : il souhaitait être ma « première expérience homosexuelle » ; je l'ai utilisé dans une pièce de théâtre ! mon refus catégorique stoppa nette cette « amitié naissante ».
Je raconterai, peut-être, un jour, plus en détail.
En 1999, vivant alors neuf cents kilomètres plus bas, dans le Lot... à une soixantaine de kilomètres d’Astaffort, village réputé par son adjoint au maire aux attributions culturelles : Francis Cabrel... organisateur de « rencontres » dont Jean-Louis Foulquier s’était un vendredi soir, voulu le VRP. Je jouais la « carte régionale » et fin février 1998, ma déjà vieille 205 s’arrêtait sur la place de l’office du tourisme, à quelques mètres du 1 rue du Plapier où le maître m’avait convoqué avec 19 autres sélectionnés pour les dixièmes rencontres. Une semaine pour créer un spectacle en première partie de Louis Chédid.

Là me fut inculquée l’impérieuse nécessité de devenir « membre de la sacem », donc de pouvoir présenter au moins cinq « oeuvres » dont l’une pourra se prévaloir d’au moins cinq diffusions sur une période supérieure à six mois. Le représentant du Lot-et-Garonne de la sacem répondait à nos questions, une « abondante » documentation était à notre disposition. Et un « ancien haut dirigeant de la sacem », reconverti « formateur » était même descendu de Paris pour nous conseiller lors du repas du dimanche soir : Philippe Albaret, aussi responsable du « chantier des francofolies de La Rochelle »...

Devenu membre de la sacem, j’ai reçu et lu les statuts. Impression de malaise. Pourquoi, alors que la sacem communique sur le nombre de ses membres, cette distinction entre membres « de base », membres professionnels et membres définitifs ? Aux élections suivantes, du Conseil d’Administration, aucun bulletin dans ma boîte... devenir « sociétaire professionnel », c’est obtenir 16 voix à l’Assemblée générale... et recevoir les bulletins de vote, qui ne sont pas envoyés aux simples membres, qui peuvent se renseigner et se déplacer à Paris s’ils veulent la prise en considération de leur petite opinion ! Donc ma voix compte 16 fois moins et en plus tout est fait pour que je ne participe pas au suffrage. Pourquoi ?

« Dans toute oligarchie se dissimule un constant appétit de tyrannie » (Nietzsche)
( logique que http://www.oligarchie.org soit le site sur oligarchie sacem avec pétition des membres indépendants)
Puis je me suis lancé sur internet : la sacem veut bien reconnaître son inquiétude... mais à cause du « téléchargement illégal », danger imminent pour les sociétaires en situation de perdre le fruit de leur travail... la sacem, « en toute logique », veut, mobiliser ses troupes.
Si plus de 100 000 membres se « révoltaient », quel concert !... et la situation du hold-up permanent perdurerait !...
Car il ne s’agit naturellement pas, pour la direction de la sacem, de défendre 100 000 membres mais de maintenir la situation actuelle où quelques centaines de ces membres et autant de très bien payés s’engraissent. Frais généraux généreux, subventions, aides... à certains...
Quand la sacem annonce « le coût net de la gestion des droits en 2004 a été de 114 millions d'euros. Il est en légère progression et représente 15,7% des droits perçus » elle joue sur le concept de coût net en retirant des charges nettes les 30,3 millions d'euros de ressources financières et diverses qui proviennent principalement du placement des droits en attente de répartition (donc de l'argent des sociétaires).
Le coût réel « de la gestion » est bien de 144,7 millions d'euros (1648 collaborateurs au 31 décembre 2004) soit 19,92% des 726,5 millions d'euros collectés en 2004. Quand les oeuvres de Ravel (décédé en 1937) tomberont dans le domaine public, de combien seront réduits les sommes collectées ? A quel pourcentage réel passeront les frais ?
Est-ce acceptable par les 109 000 sociétaires ? Ces 144,7 millions d'euros pourraient peut-être trouver une utilisation plus culturelle ?

Le danger d’internet pour la sacem, c’est l’information, la circulation de l’information. Que ceux qui savent, devinent, enquêtent, puissent s’exprimer... Alors la sacem cherche des « parades ».

Laurent Petitgirard, président du Conseil d’administration, débute, en avril 2004, son édito par :
« En décembre 2003, le Conseil d’administration de la Sacem a décidé de baisser de 50% le « cens argent », c'est-à-dire le minimum de droits qu’il faut pour pouvoir accéder au statut de sociétaire professionnel, puis à celui de sociétaire définitif. »
Explication très instructive :
« Cette baisse n’a pas été décidée arbitrairement, le Conseil ayant constaté que le cens argent, indexé sur l’évolution de la répartition des droits, avait depuis 1980 augmenté deux fois plus vite que les indices servant de référence à la revalorisation des salaires. »
On peut traduire par : depuis 1980, le conseil d’administration a réussi à limiter l’accès au statut de sociétaire professionnel, permettant ainsi à un petit groupe inféodé aux majors de diriger sans opposition notre noble institution.

Premières informations chiffrées sur le cercle restreint : « Vous étiez en tout 116 lors de la promotion de 2003. Avec cette mesure, vous serez 760 en 2004, parmi lesquels 576 nouveaux sociétaires professionnels et 187 nouveaux sociétaires définitifs. »
Mais le nombre total des sociétaires professionnels reste « un secret »... (demandé... aucune réponse) secret levé dans la même LETTRE... en juillet 2006 : « 1971 sociétaires professionnels et 1766 sociétaires définitifs »... en fin d’un article où le siège de Neuilly a accueilli « 230 nouveaux sociétaires professionnels et 83 nouveaux sociétaires définitifs », la « promotion 2006. »
576 sociétaires professionnels en 2004, 230 en 2006, on peut présager un nombre similaire en 2005, soit 576 + 230 + 230 = 1236, qu’il convient de retirer des 1971 sociétaires professionnels actuels, ce qui nous fait par extrapolation assez précise pour 2003 : 735 sociétaires professionnels ; par honnêteté intellectuelle, nous pouvons conserver les 1766 sociétaires définitifs, en considérant que les sociétaires définitifs 2006 étaient déjà au moins sociétaires professionnels en 2003.
Pour obtenir le chiffre des « vrais » membres sacem 2003, il convient donc d’ajouter 735 et 1766. Soit environ 2500.
[Parmi eux, j’en suis persuadé, certains ne soupçonnent même pas cette politique... ils créent]
« Au début de l’année 2003, nous avons passé le cap des 100 000 sociétaires, pour terminer l’année autour de 105 000, parmi lesquels environ 90 000 auteurs et compositeurs vivants. »
Laurent Petitgirard, toujours La Lettre, en janvier 2004.
Environ 2,5% des membres étaient considérés en 2003. Trois ans plus tard, le président du conseil d’administration a vraiment de quoi fanfaronner, en appeler à la mobilisation générale : environ 4% peuvent s’exprimer.
Une oligarchie dirige la sacem. Et la direction demande aux sous-membres de défendre la citadelle assiégée. Comme les nobles au pouvoir exigeaient du peuple qu’il verse son sang pour la patrie en danger.
Combien d’années les 100 000 membres méprisés accepteront encore de compter pour de la bouse de vache ?
[Même si je devenais « membre pro », il ne me viendrait pas à l’idée de perdre mon temps dans un Conseil d’Administration. Qui plus est à Paris !]


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